Les peines capitales et les peines corporelles ont dominé jusqu’au XVIIe siècle. Elles ont été remplacées par les peines privatives de liberté, bien que le châtiment corporel n’ait jamais perdu toute sa force à l’époque contemporaine et que la peine de mort ait conservé une grande valeur symbolique.
A partir du XIXe siècle, les Etats européens ont développé un système très diversifié de peines privatives de liberté, tandis que le développement progressif du système de l’amende a commencé vers les années 20.
La caractéristique principale de la majorité des sanctions modernes est qu’elles reposent sur une idée d’aide personnelle et/ou sociale qui sous-tend aussi les systèmes alternatifs à la peine privative de liberté : libération conditionnelle, probation, sursis.
En dépit de cette évolution, la peine privative de liberté continue à occuper une place distincte et parfois à prendre de l’importance, comme le révèle la surpopulation des prisons. A cet égard, il faut tenir compte non seulement du nombre de peines d’emprisonnement prononcées, mais aussi de leur durée, de leur proportion par rapport aux autres types de sanctions et du flux d’incarcération.
Dans certains pays, sont prononcées de nombreuses peines d’emprisonnement mais de courte durée (Pays-Bas) tandis que dans d’autres pays, les peines d’emprisonnement sont peu nombreuses mais de durée plus longue (Allemagne).
Dans de nombreux pays, apparaissent des sanctions alternatives aux sanctions classiques: le sursis et la probation, avec leurs multiples modalités, les arrêts de fin de semaine, le travail au profit de la communauté.
En conclusion, il semble que les relations entre le développement de la criminalité et l’accroissement d’intensité des sanctions sont plus superficielles que substantielles; il est impossible de prouver avec certitude la supériorité d’une sanction sur l’autre. Dès lors, il est rationnel d’opter pour la sanction la moins chère ou pour celle qui cause le moins de souffrance.