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L’apport des Sciences Humaines dans le Domaine de L’évaluation de la Responsabilité Pénale

Published online by Cambridge University Press:  07 May 2025

Giacomo Canepa*
Affiliation:
Institut de Médecine légale et du Centre International de Criminologie Clinique, Université de Gênes

Resume

L’évaluation de la responsabilité pénale des adultes peut être faite selon trois méthodes: 1) la méthode psychopathologico-normative, qui consiste à établir l’existence de troubles mentaux et à en mesurer l’incidence sur la capacité de discernement du sujet; 2) la méthode purement psychopathologique selon laquelle sont non punissables les sujets atteints de certaines maladies mentales, quelle que soit l’incidence de ces dernières sur la capacité de discernement; 3) la méthode purement normative qui consiste à évaluer si, au moment des faits, le sujet était capable de discernement.

La nécessité de l’expertise psychiatrique en vue de déterminer la responsabilité des délinquants malades mentaux, pose des problèmes relatifs à la définition de l’état psychopathologique et à l’évaluation des rapports entre ce dernier et le comportement criminel.

La question de la responsabilité ou de la dangerosité sociale est souvent posée à l’expert, alors qu’elle ne relève pas de sa compétence. Par contre, la question du traitement lui est rarement posée (sauf en Suisse). En réalité, même si la finalité de l’expertise psychiatrique est étrangère au traitement, elle assume néanmoins une fonction et une orientation thérapeutiques. Dans cette perspective, une collaboration plus directe des experts dans l’élaboration des problèmes individuels de prévention et de traitement est souhaitable.

L’élaboration de la notion de responsabilité pénale relève des sciences humaines qui définissent celle-ci par référence à la philosophie théorétique et morale; l’évaluation de la responsabilité pénale individuelle échappe à la compétence des experts psychiatres qui peuvent seulement intervenir au niveau de la compréhension clinico-phénoménologique de l’acte criminel ou de la programmation d’un traitement visant à la resocialisation.

Compte tenu de ce que l’avis technique de l’expert sur l’imputabilité est transformé par le magistrat en un avis moral sur la liberté de l’homme à juger, alors que l’expert n’est pas capable de fournir un avis à ce sujet, il y aurait lieu de réviser le concept d’imputabilité tel qu’il résulte du Code pénal italien en vigueur.

Abstract

Abstract

The penal responsibility of adults can be evaluated by three methods : 1) the psychopathological-normative method which draws up the existence of mental troubles and measures their influence on the capacity of understanding; 2) the merely psychopathological method according to which persons suffering from some mental disorders are not punishable what ever their repercussions on their capacity for understanding; 3) the purely normative method which consists of evaluating if, at the time of facts, the subject was able to understand.

The necessity of psychiatric evaluation in order to measure the responsibility of mentally ill delinquents, creates problems with the definition of the psychopathological state and the evaluation of the connection between this state and délinquant behaviour.

The question of responsibility or of social jeopardy is often asked to the expert even though it does not come within his ability. On the other hand, the topic of treatment is rarely mentioned (except evaluation is unrelated to the treatment, it assumes nevertheless a therapetic function and orientation. In this perspective, a narrower collaboration with the experts in the elaboration of individual programs of treatment and prevention, is desirable.

The elaboration of the notion of penal responsibility is a part of the human sciences which define that notion in reference to theoretical and moral philosophy; the evaluation of penal responsibility of an individual evades the ability of the psychiatric experts who can only intervene at the level of clinico-phenomenological understanding of the criminal act or of the programmation of a treatment aiming toward resocialisation.

While an expert is not able to express an opinion about a person’s liberty to judge, and taking into account that his technical opinion about liability is transformed by the judge into a moral opinion on the question, the concept of liability enforced by the italian penal code needs revising.

Resumen

Resumen

La evaluación de la responsabilidad penal de los adultos puede hacerse según tres métodos: 1) el método sicopatológico-normativo, que consiste en establecer la existencia de transtornos mentales y medir su incidencia en la capacidad de discernimiento del sujeto; 2) el método puramente sicopatoló- gico, según el cual los sujetos afectados de ciertas enfermedades mentales son no-castigables, sea cual sea la incidencia de éstas sobre la capacidad de discernimiento; 3) el método puramente normativo que consiste en evaluar si, en el momento de los hechos, el sujeto era capaz de discernimiento.

La necesidad del peritaje siquiátrico, a fin de determinar la responsabilidad de los delincuentes enfermos mentales, crea problemas relativos a la definición del estado sicopatológico y a la evaluación de las relaciones entre éste último y el comportamiento criminal.

La cuestión de la responsabilidad o de la peligrosidad social se presenta a menudo a los ojos del perito, a pesar que ello no es de su competencia. En cambio, la cuestión del tratamiento le es propuesta raramente (salvo en Suiza). En realidad, incluso si la finalidad del peritaje sico-siquiátrico es ajeno al tratamineto, ésta asume, sin embargo, una función y una orientación terapéuticas. En esta perspectiva, es deseable una colaboración más directa de los peritos en el diseño de los programas individuales de prevención y de tratamiento.

La elaboración de la noción de responsabilidad penal compete a las ciencias humanas que definen esta noción en relación a la filosofía teorética y moral; la evaluación de la responsabilidad penal individual no entra en la competencia de los peritos siquiatras que sólo pueden intervenir a nivel de la comprensión clínico-fenomenológica del acto criminal o de la programación de un tratamiento con vistas a la resocialización.

Si se tiene en cuenta el hecho que la opinión del perito sobre la imputabilidad es transformada por el magistrado en una opinión moral sobre la libertad del hombre para juzgar, mientras el experto no es capaz de proporcionar una opinión al respecto, resulta necesario revisar el concepto de imputabilidad que se desprende del Código penal italiano en vigor.

Information

Type
Actes du XXXVIIe Cours international de criminologie: Proceedings of the XXXVIIth International Course of Criminology: Actas del XXXVIIavo Curso internacional de criminologia
Copyright
Copyright © 1987 International Society for Criminology

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