Le discours dominant à propos de l'éco-criminalité, ou criminalité contre l'environnement, tend à insister sur la gravité des dommages qu'elle cause, et sur la punition officielle (ou l'absence de pareille punition) des entreprises délinquantes. Sans contester l'importance de la réaction de l'Etat au crime environnemental en tant que crime, l'auteur en appelle à une conception plus large de l'intervention dans ce domaine, qui devrait mobiliser un plus grand éventail d'influences et d'institutions. De même que la prise en charge effective de la criminalité routière ne doit pas reposer seulement sur le risque d'arrestation, de condamnation et d'emprisonnement, la maîtrise de la criminalité environnementale requiert une approche plus globale, faisant appel à une palette d'institutions qui déborde la seule justice pénale.