Le Professeur Noël Mailloux est mort. Il fut un de ceux qui ont marqué la criminologie clinique autour des années 1960. Il l’a fait de différentes manières. Par son œuvre d’abord qui, comme nous le verrons, se situe dans une ligne psychanalytique et se caractérise par l’accent mis sur l’importance du moi et de son évolution dans l’acquisition progressive de la maîtrise morale. Il a également marqué la clinique criminologique par la vitalité qu’il a pu donner au groupe des jeunes collaborateurs et élèves dont il s’est entouré et qui, dans la ligne de ses recherches, ont manifesté par leur travail et leurs publications une remarquable fecondité. Il suffit de rappeler les noms de P.A. Achille, de F. Belpaire, de C. Lavallée, qui, avec d’autres, ont animé la revue dont Mailloux était le rédacteur en chef : Contributions à l’étude des sciences de l’homme (1). Et finalement, comme il se doit quand on a affaire à une personnalité à la fois forte et carrée, il a également manifesté à toute occasion son esprit d’entreprise : mise en place de la Faculté de psychologie à l’Université de Montréal; dans la suite, collaboration avec de nombreux organismes ou sociétés savantes. Nous n’en citerons qu’une : la Fondation Aquinas grâce à laquelle il donnait aux échanges internationaux une possibilité de se faire autour des thèmes auxquels il était attaché : ceux qui touchaient à la criminologie et au développement moral.